Financeur : MUSE – KIM WATERS

Montant total : 31 000€

Période : novembre 2020 à mars 2022

Partenaires : UMR G-EAU et UMR Innovation

Objectifs principaux :

L’adaptation du secteur agricole aux changements « globaux » apparaît comme un leitmotiv tant en terme de politiques publiques que de question de recherche. Pour autant, les outils pour qualifier de façon rigoureuse cette question restent largement à développer. Les analyses réalisées consistent pour la plupart à caractériser un état d’adaptation des exploitations à des changements à venir, selon un cadre d’interprétation défini a priori, soit à analyser de façon rétrospective des actions entreprises comme de possibles adaptations.

L’objectif de ce projet est de travailler sur un maillon manquant entre ces deux approches, pour permettre une observation des pratiques et des états des exploitations, selon un cadre rigoureusement défini dans un objectif de modélisation et visant à améliorer la compréhension des stratégies d’adaptation mises en place.

Plus précisément, le projet vise à développer une méthodologie d’observation, sur le temps long, des trajectoires d’activités de nature agricole soumises à un régime « climatique » composé d’extrêmes (inondation, submersions marines, sécheresse), potentiellement changeant, en intégrant également d’autres changements qui dits « globaux », (conditions « économique », « réglementaires », etc.). La méthodologie d’observation vise à prêter une attention particulière à l’ensemble des stratégies mises en œuvre par l’exploitations agricole (par exemple le choix des cultures, procédés de transformation, organisation coopérative ou non, etc.), ainsi qu’à un suivi des caractéristiques clés (exposition fine aux aléas climatiques, capacité de financement, etc.). La méthodologie s’appuie sur des outils de modélisation développés au sein de notre équipe, et permettra leur mise en cohérence et leur enrichissement. L’intérêt de s’appuyer sur ses outils est double, il permet :

  1. un cadrage de l’observation
  2. une production d’indicateurs de vulnérabilité (comme par exemple l’estimation des dommages potentiels subis par
    l’activité en cas de survenue d’un événement extrême) et de résilience (comme par exemple le risque de faillite de
    l’activité en cas de survenue d’un événement extrême).

Plus particulièrement, il est proposé de développer une méthode qui s’appuie sur un cadre de modélisation des activités économiques de nature agricoles qui permet notamment de :

  • suivre les stratégies des agriculteurs en prenant en compte :
    • la gestion adaptative des désordres, dans une perspective court-terme (comme appel à un prestataire pour la réalisation de tâches normalement réalisées en interne)
    • les adaptations plus structurelles, qui peuvent intervenir au moment de la gestion des désordres (comme par exemple une replantation modifiée de plants arrachés), ou après (comme par exemple une modification du sens des rangs lors d’une replantation déjà programmée, un changement de fournisseur, un changement de procédé de production, etc.)
  • tenir compte de la disposition spatiale des composantes « matérielles » des ces activités (parcelles, bâtiments, équipements, stocks)
  • tenir compte de leur organisation : organisation interne des activités, organisation externes (filières aval, amont, partenaires financiers)
  • qualifier les impacts des perturbations climatiques (dommages aux cultures, pertes de rendement, besoins de réparation, indisponibilité des matériels, etc
  • suivre, de façon temporelle, les effets induits liés à l’organisation des activités : modification de l’organisation, augmentation des charges, pertes éventuelles de contrat, etc
  • qualifier l’évolution au fil du temps des activités suivies en terme de « vulnérabilité » ou de « résilience », en tenant compte des impacts subis, des transformations éventuelles de l’activité, des modifications de son environnement plus « global ».

Résultats :

L’objectif de ce projet est le développement d’un cadre d’observation des trajectoires d’activités économiques de nature agricole en ayant :

  • implémenté le cadre pour des exploitations agricoles de type viticulture (en coopérative ou indépendantes) et de type maraîchage
  • défini les stratégies d’hybridation entre données récoltées à un niveau individuel et les données issues de base de données tierces
  • défini des indicateurs de suivi de la « vulnérabilité » et de la « résilience »
  • mis en place un suivi d’observation sur quelques activités de chacun des types visés.

Intérêt / lien avec so-ii :

  • la méthodologie d’observation ainsi que les indicateurs de vulnérabilité développées dans le cadre de projet sera mobilisée dans so-ii
  • les résultats sur les pratiques agricoles contribuera à améliorer la connaissance sur les exploitations agricoles